Rue de la Bourgade. Le couvent des Ursulines
( Extrait de l'article de Louis Nardin paru dans VAL
Octobre 1992)
Au 16ème
siècle, en 1535, Angela Merici de Brescia, qui appartenait au tiers-ordre
des Franciscains, c'est à dire que tout en vivant dans le monde,
elle respectait la règle, réunit un groupe de jeunes filles
et de femmes afin de se vouer aux soins des malades, des pauvres, des illétrés.
Elle rejeta la notion d'ordre cloîtré et fonda un ordre religieux
féminin, les Ursulines, destiné à donner une éducation
chrétienne aux jeunes filles. Elle mourut en 1540 mais son oeuvre
subsista et sa renommée fut telle que de nombreux établissements
d'Ursulines furent créés, en particulier en Provence.
C'est ainsi qu'en 1633 la municipalité lorguaise, présidée
par Honoré Talamer, désirant faire instruire les jeunes filles,
invita les dames religieuses de saint Ursule, ou Ursulines d'Aix, à
venir s'établir à Lorgues. On leur promit 1 500 livres pour
acheter un terrain en vue d'édifier un couvent où seraient
" enseignées les jeunes filles " mais à condition
que cet enseignement soit gratuit pour les filles pauvres et que l'établissement
reçoive les jeunes filles de Lorgues " qui se voudraient mettre
dans leur religion".
Les pourparlers traînant, la
municipalité prit contact avec les Ursulines d'Aups; celles-ci acceptèrent
et s'engagèrent devant les notaires Laugier et Delmas à édifier
un couvent à Lorgues où elles contribueraient "charitablement
à l'instruction des jeunes filles, indifféremment de quelque
qualité qu'elles soient, à la vertu, piété et
doctrine et tenir des pensionnaires pour la même instruction...de
recevoir les filles de la ville qui seront inspirées d'être
religieuses de l'ordre, moyennant une somme de 600 livres en argent pour
leur dot, payable le jour de leur profession et outre une pension annuelle
de 400 livres." La municipalité loua une maison en attendant
la construction du couvent et participa à la dépense de 900
livres.
Le couvent fut construit au milieu de la rue de la Bourgade, là où
se trouve actuellement une place pour les voitures, et comprenait le monastère,
une cour et un grand jardin s'étendant jusqu'à la place de
Climènes, une terre à la Conque en faisait également
partie. On y accédait par un porche en pierre de taille et une ruelle
passant entre les commerces et habitations lorguais.
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